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  • De la musique chez Nicolas Jaar
    16.02.12  _  14h08

     C'est à la fin de l'année 2009 que j'ai découvert Nicolas Jaar.

    Il faisait froid, on était en décembre, ça sentait le vin chaud et on se donnait pas mal sur le foie gras. Le blog Get The Curse avait eu la fabuleuse idée de mettre en ligne un mix du Dj dans le cadre de ses podcasts. C'était le numéro 84.

    Je me souviens, à l'écoute, la première fois, avoir été frappé. On faisait enfin autre chose que la soupe 2.0 qu'on nous servait jusqu'à l'écoeurement. Je me souviens des samples entrecroisés : une interview d'Hendrix, un discours de Debord, la voix pitchée du désormais fameux "Time for Us" et un remix des Marquises de Brel. Je me souviens du funk chaud, des rythmes sud-américains et des sonorités orientales. De cet incroyable melting-pot mixé dans une house élégante et ouverte. C'est sans doute l'un des mixs qui m'a le plus excité depuis 5 ans, plein de promesses et d'audaces.

    Commencent alors les lives et les critiques. On lui reprochera, à juste titre, une technique faible, des enchaînements grossiers. Qu'importe, la démarche de Nicolas Jaar est exactement inverse.

    Sa musique est une musique des sens, un groove chaud et sexy qui donne envie de danser, tout en s'autorisant à réduire les BPM comme pour mieux suspendre l'instant. Sensuelle au possible, c'est une musique qui a une âme et qui parle d'abord au corps.

    Et Jaar de l'exprimer : " Je ne suis pas intéressé par la technique ou le savoir-faire. Aujourd'hui, ce que j'essaie de faire, c'est désapprendre. Picasso disait qu'il fallait dessiner comme un bébé, je comprends ça."

    2011. Nicolas Jaar a intégré la prestigieuse Brown University, a monté son propre label Clown and Sunset, et sort son premier album. Plus atmosphérique, plus intime que ses mixs, emprunt d'un certain minimalisme (Erik Satie et Villalobos pour influences), l'album révèle une ambiance, un travail d'orfèvre sur la meilleure façon de délivrer des effets. Une musique qui cette fois-ci parle à l'esprit.

    Nicolas est désormais enfant chéri d'une scène électro qui fait virevolter les culottes mais qui n'oublie pas d'expérimenter. Une scène qui ne répond pas à une demande mais qui offre ce qu'on a connu de mieux dernièrement (avec Jamie XX et James Blake). Jaar a droit à des interviews partout. Même chez madmoizelle.com, où on nous explique que " si Jaar était scolarisé à la fac de musique (sic), il ne serait pas professeur émérite mais thésard zélé (re-sic)". Il confiait aux Inrocks : " j'appartiens à une génération de musiciens qui s'est affranchie de quelque chose. Qui n'a plus la pression du marché car elle sait que ça ne marche plus, quoi qu'il arrive. La musique en ressort probablement plus honnête, fluide, spontanée. Elle n'essaie pas d'être quoi que ce soit".

    Honnête et spontanée donc, la musique de Nicolas Jaar est aussi simple, limpide, et pourtant profonde. Tant et si bien qu'il rentre dans mes playlists "sexe", "baignoire", "apéro" et "au réveil". Economie de moyens au service d'un groove qui a été perdu et qu'on ne retrouvera plus dans les turbines FM de LMFAO ou de David Guetta.

    Leonard Cohen, dans un discours de remerciement prononcé en 2011, disait : " A exprimer la grande et inévitable défaite qui nous attend tous, autant le faire dans les strictes limites de la dignité et de la beauté". C'est exactement ce que fais Nicolas Jaar, et cela suscite tout mon amour pour lui.

    Quentin Hervé

    www.nicolasjaar.net

    Le site de Clown And Sunset


  • ITW / Minitel Rose
    19.12.11  _  22h37

    @Minitel Rose, le 23/09/09

    BAM: Minitel Rose, tout le monde vous connaît, dites-nous qui vous n’êtes pas ?

    MR: C’est un démarrage un peu prétentieux. Personne ne nous connaît vraiment encore. On est pas les Pony Pony Run Run. À un moment si, mais depuis on a échangé. On fait ça tous les 5 ans, on appelle ça une rotation synchrone.

    - Comment se passe l’enregistrement du prochain album ?

    - Comme dans un rêve, on a mis du temps avant de le commencer vraiment. Il y a plusieurs raisons à ça, on imaginait pas du tout le buzz qu’allait faire notre premier EP 7 titres, à tel point qu’il a été annoncé comme un album par la presse et les disquaires, alors que c’est une sorte de best-of de nos premières démos, tout a été fait à la maison, on le voit comme une introduction au groupe. On a aussi passé beaucoup de temps à travailler sur la scène au printemps, on a placé ça en premier. Du coup on s’est mis sur l’album que fin août. Et on peut dire qu’on a vraiment tout pour que cet album soit le fruit de nos désirs les plus fous.

    - Quelles sont vos principales influences ?

    - On a pas d’influences musicales principales, on est influencé par la culture pop, par les vieilles machines, par le cinéma des années 80 et 90, on est inspiré par ce qu’on vit, et avec tous les voyages qu’on a fait depuis 2 ans, on peut même appelé ça de la surinspiration. Ressembler à d’autres groupes est presque une phobie chez nous, c’est surtout qu’on a orienté notre prochain album vers une musique très pop avec uniquement des instruments plus vieux que nous. On ne le fait pas parce qu’on veut être rétro, seulement parce qu’on pense qu’il n’y a pas eu de meilleurs claviers et synthétiseurs depuis 20 ans. On essaie de se servir de ces instruments de notre manière et donc d’une manière moderne. Beaucoup de gens pensent qu’on est super calés sur les groupes de ces époques, ce qui n’est pas forcément le cas, ça nous est arrivé souvent qu’on nous compare à des groupes ou des chansons qu’on ne connait même pas.

    - Aimez-vous lire ? Si oui, précisez messieurs.

    - On est de la génération TV, je crois que Quentin ne lit que des Marvel Comics, Romain ne lit plus depuis que les jeux vidéos existent et moi je lis un Jules Verne par an. On a tous beaucoup lu quand on était jeunes, mais depuis qu’on a découvert que les filles existaient, on a organisé notre emploi du temps autrement. Le sujet de dissertation:

    - Qu’est-ce que la hype pour vous ?

    - Là d’où on vient, il y a ce qu’on appelle le “syndicat”, c’est lui qui est à la base de toutes choses à Nantes, c’est lui qui a ramassé Valérie dans la rue et qui en a fait ce qu’elle est devenue aujourd’hui, mais personne ne connaît son existence, c’est presque dangereux d’en parler. La hype n’existe pas.

    - Êtes-vous heureux ?

    - Si on était malheureux on arrêterait tout, si on était heureux aussi. Quelque part entre les deux.

    - Que pensez-vous de la puissance grandissante des blogs ?

    - Il y a tout et n’importe quoi. Les créateurs de bon blogs sont les vrais directeurs artistiques, les vrais radios et les vrais disquaires d’aujourd’hui pour toute une génération. On est super bien placé pour se rendre compte de leur puissance, avec notre blog Valérie. Mais je peux te dire qu’on est qu’au début, Anoraak me faisait remarquer que notre compilation “Valérie & Friends” est seulement la première compilation faite par un blog.

    - Comment voyez-vous la musique dans 30 ans ?

    - Il y aura un revival de la fin des années 2000, ils feront la même chose que nous en beaucoup mieux et avec beaucoup plus de bruits de laser (j’espère). Et nous on demandera à nos éditeurs si c’est le moment ou pas de faire un come back à la con.

    - Quelle est votre façon de produire ?

    - Pour composer on ne perd pas de temps, on enregistre nos idées avec n’importe quoi, le premier truc qui vient, au début on composait beaucoup chacun dans notre coin, beaucoup des titres de The French Machine ont été composé que par une seule personne. Depuis on essaie de composer le plus possible à 3. En ce moment on garde une chanson sur cinquante, après on essaie de prendre du recul, on cherche une structure efficace, on se prend la tête une semaine sur les instruments et les arrangements en essayant de ne pas spliter plus de 3 fois par jour, et on fait mixer ça par un membre du clan MacLeod en lui tapant dessus parce qu’il aime ça.

    - À quelle question auriez-vous rêvez de répondre ?

    - Pourquoi avez-vous choisi de vous appeler “Minitel Rose” ?

    - Pourquoi avez-vous choisi de vous appeler “Minitel Rose” ?

    - En fait on nous a posé 300 fois cette question, elle a fini par nous exaspérer. C’est pour cela qu’on l’a mise, c’était ironique. (Sourire)

    - Pensez-vous que Filip Nikolic (des 2be3, le seul, l’unique) est la victime du médecin de Mickael Jackson ?

    - On pense qu’il est la victime d’Alain Delon.

    Après son premier EP, Minitel Rose a sorti son premier album “Atlantique”. Composé entre deux escales à l’étranger (Russie, Brésil, Allemagne, Suisse…), enregistré les pieds dans l’eau ou presque et masterisé à Londres, “Atlantique” est une vision décomplexée de la vie aquatique et électronique. Un appel du pied pour jouer et rejouer, encore et encore, le score d’une party orgiaque.

    Minitel Rose @ Myspace


  • ITW / Jupiter
    19.12.11  _  22h35

    @Jupiter, le 24/08/09

    BAM : Bonjour Jupiter, d’abord qui êtes-vous et comment en êtes vous arrivés à faire de la musique ?

    Jupiter :  Hello, nous sommes Q & A, garçon et fille respectivement. On s’est rencontré à Londres, et d’un commun intérêt pour une certaine culture musicale on en est venu a faire de la musique ensemble. Ça s’est fait assez naturellement en fait!

    - Quelles sont vos influences ? Comment comprenez vous tout le revival 80’s avec Valérie, le collectif Ceci est mon rêve, vous-même et plein d’autres ?

    - Nos influences sont assez variées: bien sur beaucoup de musique groove a tendance synthé, mais aussi bien de la musique de hippie que des classiques du Hip Hop. Le revival 80s est quand même le bienvenu car c’est une ère musicale fructueuse sur laquelle le grand public a craché pendant longtemps; c’est positif qu’une telle richesse musicale soit a la portée de tout le monde aujourd’hui, même les plus jeunes qui ont moins connu cette décennie. Ceci dit on essaie pas non plus de se limiter à une célébration des années 80. A propos du collectif Valérie, on aime beaucoup leur musique mais je pense qu’on revendique une approche plus disco. Notre seul but c’est de nous amuser et de faire plaisir aux oreilles; si en plus les gens dansent, alors là c’est qu’on a réussi! Ça peut paraitre un peu facile, mais c’est aussi ça la disco ;-)

    - Que pensez-vous des blogs comme moyen de promotion, et plus généralement que pensez vous de l’avenir de la musique ?

    - Les blogs sont quand même devenus une excellente alternative à la presse musicale et permettent une exposition inouïe, merci internet. Après il faut faire le tri mais c’est comme les magazines…tout comme l’avenir de la musique ça a pas mal changé la donne mais c’est quelque chose auquel il va falloir s’habituer en tant qu’artistes, et en tant que fans de musique en général on en profite aussi beaucoup hahaha

    - Est-ce que vous utilisez de l’analogique ? Des logiciels ?

    - On utilise autant d’analogique qu’on peut se permettre, c’est à dire hélas pas autant qu’on aimerait… 50% de nos sons de synthé viennent d’un Juno 106, le reste c’est du virtuel, toutes sortes de Vst, la seule limite est notre mémoire vive !

    - Quels projets dans les mois à venir ?

    - Starlighter va sortir en single cet été, avec des remix et un nouveau morceau inédit. On sera également présents sur la compil Valérie & Friends, ce qui devrait nous donner l’occasion de faire de plus en plus de live; les prochains en date étant la release party le 17 septembre au Panic Room et le 26 à Londres.

    Dernièrement, Jupiter a sorti Vox Populi. Un remix par Lifelike est présent sur Kitsuné Maison 9, preuve s’il en est du talent et de la reconnaissance grandissante d’un groupe qui fait danser et sourire.

    Jupiter @ Myspace



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