Monthly Archives: Février 2012

  • Aujourd'hui, la musique classique #2
    29.02.12  _  20h25

     Lundi, 8h30, je reçois un mail que je reproduis ici intégralement, accompagné de la réponse qu'il attend.

    Cher Quentin,

    J'adore Huis Clos, j'ai tous vos t-shirts, ils me vont à merveille et cachent mon petit ventre.

    Je m'appelle Dieu, je suis si vieux que je n'oserais pas te révéler mon âge, j'ai une belle barbe et des tonnes de vierges au Paradis.

    Jusque-là, j'avais le droit à quelques lives de Wolfgang et de Ludwig, je regardais les concerts de ce bon vieux Elvis, et une certaine Withney vient d'arriver. Mais tout ça m'ennuie. Pour faire simple, avec la fin de Megaupload, je suis totalement en dèche de musique.

    Que faire ?

    Je voudrais aussi te signaler que ces derniers temps, je suis très pris, j’entends des prières toute la journée et toute la nuit, je ne dors plus et l’agitation du monde m’épuise. Je prends des suppositoires mais rien n’y fait, alors j’aimerais plutôt écouter de la musique classique ou des trucs calmes.

    Merci.

    Peace.

    Cher Dieu,

    À moins que tu ne sois grec, pas de raison de t'alarmer. Prend une grande inspiration, arrête les suppositoires et écoute ces conseils.

    Car en vérité je te le dis, si tu avais demandé conseil à ton pote Benoît, il t’aurait sans doute répondu la même chose que ce que je vais te dire : écoute Arvö Part.

    Tu te plains de quelques désagréments et je suis de ton avis. Au cœur de ce monde relatif, mouvant, bruyant et matériel, je comprends que tu aies besoin de repères stables. Certains se tournent vers la religion, d’autres partent élever des moutons, deviennent végétariens, ne s’habillent plus que de slips. D’autres encore ne ressentent aucun besoin de se poser la moindre question, et préfèrent, pendant ce temps, se taper des putes entre deux rails de coke. Si tu ne dis pas non à une ou deux vierges de temps en temps, tel ne semble pourtant pas être ton cas.

    La musique d’Arvö Part, c’est 3 notes qui font un accord parfait, quelques cloches et beaucoup de silence. Et ça raisonne à l’intérieur de chacun, en nous rappelant qu’on a une petite voix qui nous parle et qu’il faut l’écouter. Et ce qu’elle dit n’est souvent pas très compliqué : Part préfère la frugalité des formes et la raréfaction des notes pour dire ce qu’il a à dire. Et chacun entend ce qu’il veut, c’est un peu le sens du titre de l’une de ses compositions, Spiegel im Spiegel : Miroir(s) dans le miroir.

    « Je pourrais comparer ma musique à une lumière blanche dans laquelle sont contenues toutes les lumières. Seul un prisme peut dissocier ces couleurs et les rendre visibles : ce prisme pourrait être l’esprit de l’auditeur ».

    En décalage total avec la plupart des expérimentations avant-gardistes de l'époque, Arvö Part adoptera le style tintinnabulum (en référence aux cloches des liturgies catholiques) et le développera vers la fin des années 70, notamment dans les pièces Für Alina et Fratres.

    Finalement, Dieu, pourquoi Bjork, ou Marilyn Manson se réclament-ils d’Arvö Part ? Parce que, comme le dit le blog « musicaeterna » : « L’émotion transparaît toujours dans cette manière propre qu’a Part de faire résonner chaque son pour ressaisir par la durée une certaine forme d’absolu ».

    Ecoute donc ce vieil estonien barbu, car sa musique est intime, spirituelle et sincère. Et dans ce monde, rien n’est beau que le vrai, rien n’est vrai sans beauté.

    Bisous,

    Quentin Hervé

     


  • Ordonnance Musicale
    24.02.12  _  16h25

    Ce billet fait suite à une réflexion extrêmement profonde comme vous pourrez le constater dans les lignes qui suivent.
    Parce que je sais que pour les jeunes, mais pas que, avoir l'air cool c'est important, même primordial pour certains. Si si, on retrouve pleins de personnes qui, plus vieux et malgré une grosse voiture, une jolie maison et un chien ou un Hamster (le plus souvent un mélange des deux), souffrent toujours de ne pas avoir été considérés comme des gens cools, funs, marrants. Et ça, moi, ça me rend triste et pas content.

    Alors pour eux j'ai pensé...
    Pour tous ceux qui veulent être cool! Genre en soirée et tout.
    Ceux qui rentre chez eux sous la pluie, un peu alcoolisés ou ceux qui veulent faire danser les filles dans leur boom ultra "bath". Pour ces gens-là, il y a une sorte de médicament. Ce médoc' c'est une mixtape " The Summer Year " de TABI BONNEY et je vous la prescris. Elle est bonne en toute circonstance, été comme hiver, lors de fêtes ou de réunions d'anciens membres du club de bilboquet.

    En vrai ce son m'a fait groover. J'étais sur la ligne 4, je rentrais chez moi, et comme souvent sur cette ligne le wagon était blindé, limite ça puait... Heureusement un track a attiré mon attention; tellement que je l'ai écouté 5 fois d'affilé jusqu'à mon loft de 20m carré. Le pire c'est qu'arrivé à la station, je suis passé devant 5 ou 6 grecs et j'étais tellement captivé par le son que je n'ai même pas eu envie de m'en prendre un (de grec)...pour vous dire à quel point il est salé. (ce track)

    Bref, la tape de TABI BONNEY est à écouter seul ou en public.
    N'ayez pas peur de bouncer dessus, c'est une dooooose!

    Pour être un peu plus sérieux, la musique de TABI BONNEY rassemble tout ce que j'aime : groove, mélodie, sample de soul, de funk, des morceaux qui donnent envie de se balancer, de fredonner, d'autres de danser avec la plus belle de la soirée. Donc quelles que soient vos préférences, vous trouverez certainement votre came sur les projets de l'intéressé. BIM

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    Mention Spéciale aux morceaux suivants :


  • De la musique chez Nicolas Jaar
    16.02.12  _  14h08

     C'est à la fin de l'année 2009 que j'ai découvert Nicolas Jaar.

    Il faisait froid, on était en décembre, ça sentait le vin chaud et on se donnait pas mal sur le foie gras. Le blog Get The Curse avait eu la fabuleuse idée de mettre en ligne un mix du Dj dans le cadre de ses podcasts. C'était le numéro 84.

    Je me souviens, à l'écoute, la première fois, avoir été frappé. On faisait enfin autre chose que la soupe 2.0 qu'on nous servait jusqu'à l'écoeurement. Je me souviens des samples entrecroisés : une interview d'Hendrix, un discours de Debord, la voix pitchée du désormais fameux "Time for Us" et un remix des Marquises de Brel. Je me souviens du funk chaud, des rythmes sud-américains et des sonorités orientales. De cet incroyable melting-pot mixé dans une house élégante et ouverte. C'est sans doute l'un des mixs qui m'a le plus excité depuis 5 ans, plein de promesses et d'audaces.

    Commencent alors les lives et les critiques. On lui reprochera, à juste titre, une technique faible, des enchaînements grossiers. Qu'importe, la démarche de Nicolas Jaar est exactement inverse.

    Sa musique est une musique des sens, un groove chaud et sexy qui donne envie de danser, tout en s'autorisant à réduire les BPM comme pour mieux suspendre l'instant. Sensuelle au possible, c'est une musique qui a une âme et qui parle d'abord au corps.

    Et Jaar de l'exprimer : " Je ne suis pas intéressé par la technique ou le savoir-faire. Aujourd'hui, ce que j'essaie de faire, c'est désapprendre. Picasso disait qu'il fallait dessiner comme un bébé, je comprends ça."

    2011. Nicolas Jaar a intégré la prestigieuse Brown University, a monté son propre label Clown and Sunset, et sort son premier album. Plus atmosphérique, plus intime que ses mixs, emprunt d'un certain minimalisme (Erik Satie et Villalobos pour influences), l'album révèle une ambiance, un travail d'orfèvre sur la meilleure façon de délivrer des effets. Une musique qui cette fois-ci parle à l'esprit.

    Nicolas est désormais enfant chéri d'une scène électro qui fait virevolter les culottes mais qui n'oublie pas d'expérimenter. Une scène qui ne répond pas à une demande mais qui offre ce qu'on a connu de mieux dernièrement (avec Jamie XX et James Blake). Jaar a droit à des interviews partout. Même chez madmoizelle.com, où on nous explique que " si Jaar était scolarisé à la fac de musique (sic), il ne serait pas professeur émérite mais thésard zélé (re-sic)". Il confiait aux Inrocks : " j'appartiens à une génération de musiciens qui s'est affranchie de quelque chose. Qui n'a plus la pression du marché car elle sait que ça ne marche plus, quoi qu'il arrive. La musique en ressort probablement plus honnête, fluide, spontanée. Elle n'essaie pas d'être quoi que ce soit".

    Honnête et spontanée donc, la musique de Nicolas Jaar est aussi simple, limpide, et pourtant profonde. Tant et si bien qu'il rentre dans mes playlists "sexe", "baignoire", "apéro" et "au réveil". Economie de moyens au service d'un groove qui a été perdu et qu'on ne retrouvera plus dans les turbines FM de LMFAO ou de David Guetta.

    Leonard Cohen, dans un discours de remerciement prononcé en 2011, disait : " A exprimer la grande et inévitable défaite qui nous attend tous, autant le faire dans les strictes limites de la dignité et de la beauté". C'est exactement ce que fais Nicolas Jaar, et cela suscite tout mon amour pour lui.

    Quentin Hervé

    www.nicolasjaar.net

    Le site de Clown And Sunset


  • Firefly VS Cowboy Bebop
    09.02.12  _  19h52

    Cowboy Bebop VS Firefly

    Comme si bien amené dans mon titre, je m’en vais vous parler de deux séries que j’affectionne tout particulièrement, qui sont Firefly et Cowboy Bebop. Ces deux séries sont un savant mélange entre le Western et le Space Opéra, voire plus précisément comme je l’ai appris ce soir : des Space Westerns ! Ces deux là suivent la même recette, c'est-à-dire un groupe de mercenaires aux intentions louables mais rattrapé par la réalité de leur métier. Alors que Cowboy Bebop met l’accent sur le côté « bounty hunter », car chaque épisode débute par la manifestation d’une prime à capturer, Firefly s’oriente plus vers la série d’aventure. L’action, quant à elle, se déroule dans un futur où l’humanité aurait commencé à coloniser l’espace, donc on s’y balade évidemment en vaisseau spatial avec le « Bebop » pour l’un et le « Serenity » de type firefly pour l’autre.

    L’histoire de Firefly évolue dans un contexte scientifique réaliste, les intrigues sont captivantes, les personnages ont des personnalités marquées et sont tous liés par des liens forts et parfois complexes. Quelques bonnes doses d’humour et une ambiance burlesque pour faire passer la « pilule science fiction ». Enfin, la série fourmille de détails intéressants comme par exemple : les acteurs jurent ou s’expriment occasionnellement en mandarin, les prostituées sont des sortes de geisha respectées et le décor présente de nombreux sinogrammes. Donc la culture asiatique est omniprésente et je trouve que c’est une super idée de génie !

    Malheureusement la série se termine en queue de poisson. Seulement 15 épisodes produits et un scénario qui aurait pu s’étaler sur 4 à 5 saisons. Bref, la faute de la FOX qui aurait diffusé en 2002 les épisodes n’importe comment. Cependant, pour ne pas rester sur notre faim, un long métrage (Sérénity) a été produit bouclant ainsi le scénario. Donc, gros big-up au scénariste / réalisateur Joss Whedon et tous les acteurs : Nathan Fillion, Jewel Staite, Sean Maher, … .

    Cowboy Bebop, quant à lui, est un anime Japonais écrit et réalisé par Shin'ichirō Watanabe et diffusé en 1998. Attention, si les mangas ou les dessins animés vous donnent des boutons, celui-ci est un ovni. De plus, les aspects Manga / Anime sont quasi inexistants. Donc pas de violon, pas de ralenti avec les cheveux devant les yeux et pas de concepts à la japonaise du genre « j’en prends plein la gueule, t’as vu comme j’suis trop courageux ! ». En réalité, si le trait du dessin n’était pas japonais, ce ne serait pas un manga. Surtout que les sources d’inspirations vont largement au-delà des frontières du Japon. Par rapport au contenu, je reprendrais toutes les qualités énumérées à Firefly pour ce qui est du contexte, des intrigues et du burlesque. L’univers est bien fouillé et mélange les cultures comme une bonne salade du chef. Les personnages sont vraiment attachants et leurs interactions sont fortes et d’ailleurs généralement conflictuelles. Ce qui rajoute du piquant au scénario. Malgré une aversion ouvertement exprimée entre eux au départ, on ressent au fur et à mesure des épisodes, une amitié naissante et des liens forts se nouer dans l’équipage du Bebop.

    Mais ce qui fait aussi la puissance de cette série est sa bande originale. Mon dieu qu’elle est belle ! Je compte 6 CD plus 1 pour le film. Et à qui les doit-on ? Hé bien à une certaine compositrice du nom de Yôko Kanno et d’un groupe créé à l’occasion « The Seatbelts » : groupe d’une trentaine de musicos français, américains et Japonais. Bon elle n’est pas à son premier coup d’essai la dame, parce qu’elle est aussi compositrice d’anime tels que « Vision d’Escaflowne » et « Ghost in the shell ».

    La bande originale est composée en majorité par du jazz et majoritairement de jazz bebop. Pour la petite histoire, le Bebop est un mouvement Jazz des années 1940 qui était à l’époque mal vu dans le milieu. Le principe était de réduire la formation à défaut des big bands, afin d’avoir plus de liberté sur les interprétations et faciliter les solos. Synchronisé aux combats spatiaux ou aux scènes de combat, cela donne un sacré cachet à la série. Enfin pour finir, vous trouverez ci-dessous le magnifique générique de la série qui fait office d’un des meilleurs génériques anime de tous les temps.

     


    Donc si on suit la logique de mon titre, pour moi pas de doute, c’est Cowboy Bebop qui l’emporte. Cependant malgré leurs ressemblances aux premiers abords, les deux séries développent un univers et un style unique. Par conséquent, à visionner d’urgence car c’est culte !

    See You Space Cowboy
    Axel Ternisien


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