Blog Huis Clos

  • De la musique chez Nicolas Jaar
    16.02.12  _  14h08

     

    C'est à la fin de l'année 2009 que j'ai découvert Nicolas Jaar.

    Il faisait froid, on était en décembre, ça sentait le vin chaud et on se donnait pas mal sur le foie gras. Le blog Get The Curse avait eu la fabuleuse idée de mettre en ligne un mix du Dj dans le cadre de ses podcasts. C'était le numéro 84.

    Je me souviens, à l'écoute, la première fois, avoir été frappé. On faisait enfin autre chose que la soupe 2.0 qu'on nous servait jusqu'à l'écoeurement. Je me souviens des samples entrecroisés : une interview d'Hendrix, un discours de Debord, la voix pitchée du désormais fameux "Time for Us" et un remix des Marquises de Brel. Je me souviens du funk chaud, des rythmes sud-américains et des sonorités orientales. De cet incroyable melting-pot mixé dans une house élégante et ouverte. C'est sans doute l'un des mixs qui m'a le plus excité depuis 5 ans, plein de promesses et d'audaces.

    Commencent alors les lives et les critiques. On lui reprochera, à juste titre, une technique faible, des enchaînements grossiers. Qu'importe, la démarche de Nicolas Jaar est exactement inverse.

    Sa musique est une musique des sens, un groove chaud et sexy qui donne envie de danser, tout en s'autorisant à réduire les BPM comme pour mieux suspendre l'instant. Sensuelle au possible, c'est une musique qui a une âme et qui parle d'abord au corps.

    Et Jaar de l'exprimer : " Je ne suis pas intéressé par la technique ou le savoir-faire. Aujourd'hui, ce que j'essaie de faire, c'est désapprendre. Picasso disait qu'il fallait dessiner comme un bébé, je comprends ça."

    2011. Nicolas Jaar a intégré la prestigieuse Brown University, a monté son propre label Clown and Sunset, et sort son premier album. Plus atmosphérique, plus intime que ses mixs, emprunt d'un certain minimalisme (Erik Satie et Villalobos pour influences), l'album révèle une ambiance, un travail d'orfèvre sur la meilleure façon de délivrer des effets. Une musique qui cette fois-ci parle à l'esprit.

    Nicolas est désormais enfant chéri d'une scène électro qui fait virevolter les culottes mais qui n'oublie pas d'expérimenter. Une scène qui ne répond pas à une demande mais qui offre ce qu'on a connu de mieux dernièrement (avec Jamie XX et James Blake). Jaar a droit à des interviews partout. Même chez madmoizelle.com, où on nous explique que " si Jaar était scolarisé à la fac de musique (sic), il ne serait pas professeur émérite mais thésard zélé (re-sic)". Il confiait aux Inrocks : " j'appartiens à une génération de musiciens qui s'est affranchie de quelque chose. Qui n'a plus la pression du marché car elle sait que ça ne marche plus, quoi qu'il arrive. La musique en ressort probablement plus honnête, fluide, spontanée. Elle n'essaie pas d'être quoi que ce soit".

    Honnête et spontanée donc, la musique de Nicolas Jaar est aussi simple, limpide, et pourtant profonde. Tant et si bien qu'il rentre dans mes playlists "sexe", "baignoire", "apéro" et "au réveil". Economie de moyens au service d'un groove qui a été perdu et qu'on ne retrouvera plus dans les turbines FM de LMFAO ou de David Guetta.

    Leonard Cohen, dans un discours de remerciement prononcé en 2011, disait : " A exprimer la grande et inévitable défaite qui nous attend tous, autant le faire dans les strictes limites de la dignité et de la beauté". C'est exactement ce que fais Nicolas Jaar, et cela suscite tout mon amour pour lui.

     

    Quentin Hervé

    www.nicolasjaar.net

    Le site de Clown And Sunset


  • Firefly VS Cowboy Bebop
    09.02.12  _  19h52

    Cowboy Bebop VS Firefly

    Comme si bien amené dans mon titre, je m’en vais vous parler de deux séries que j’affectionne tout particulièrement, qui sont Firefly et Cowboy Bebop. Ces deux séries sont un savant mélange entre le Western et le Space Opéra, voire plus précisément comme je l’ai appris ce soir : des Space Westerns ! Ces deux là suivent la même recette, c'est-à-dire un groupe de mercenaires aux intentions louables mais rattrapé par la réalité de leur métier. Alors que Cowboy Bebop met l’accent sur le côté « bounty hunter », car chaque épisode débute par la manifestation d’une prime à capturer, Firefly s’oriente plus vers la série d’aventure. L’action, quant à elle, se déroule dans un futur où l’humanité aurait commencé à coloniser l’espace, donc on s’y balade évidemment en vaisseau spatial avec le « Bebop » pour l’un et le « Serenity » de type firefly pour l’autre.

    L’histoire de Firefly évolue dans un contexte scientifique réaliste, les intrigues sont captivantes, les personnages ont des personnalités marquées et sont tous liés par des liens forts et parfois complexes. Quelques bonnes doses d’humour et une ambiance burlesque pour faire passer la « pilule science fiction ». Enfin, la série fourmille de détails intéressants comme par exemple : les acteurs jurent ou s’expriment occasionnellement en mandarin, les prostituées sont des sortes de geisha respectées et le décor présente de nombreux sinogrammes. Donc la culture asiatique est omniprésente et je trouve que c’est une super idée de génie !

    Malheureusement la série se termine en queue de poisson. Seulement 15 épisodes produits et un scénario qui aurait pu s’étaler sur 4 à 5 saisons. Bref, la faute de la FOX qui aurait diffusé en 2002 les épisodes n’importe comment. Cependant, pour ne pas rester sur notre faim, un long métrage (Sérénity) a été produit bouclant ainsi le scénario. Donc, gros big-up au scénariste / réalisateur Joss Whedon et tous les acteurs : Nathan Fillion, Jewel Staite, Sean Maher, … .

    Cowboy Bebop, quant à lui, est un anime Japonais écrit et réalisé par Shin'ichirō Watanabe et diffusé en 1998. Attention, si les mangas ou les dessins animés vous donnent des boutons, celui-ci est un ovni. De plus, les aspects Manga / Anime sont quasi inexistants. Donc pas de violon, pas de ralenti avec les cheveux devant les yeux et pas de concepts à la japonaise du genre « j’en prends plein la gueule, t’as vu comme j’suis trop courageux ! ». En réalité, si le trait du dessin n’était pas japonais, ce ne serait pas un manga. Surtout que les sources d’inspirations vont largement au-delà des frontières du Japon. Par rapport au contenu, je reprendrais toutes les qualités énumérées à Firefly pour ce qui est du contexte, des intrigues et du burlesque. L’univers est bien fouillé et mélange les cultures comme une bonne salade du chef. Les personnages sont vraiment attachants et leurs interactions sont fortes et d’ailleurs généralement conflictuelles. Ce qui rajoute du piquant au scénario. Malgré une aversion ouvertement exprimée entre eux au départ, on ressent au fur et à mesure des épisodes, une amitié naissante et des liens forts se nouer dans l’équipage du Bebop.

    Mais ce qui fait aussi la puissance de cette série est sa bande originale. Mon dieu qu’elle est belle ! Je compte 6 CD plus 1 pour le film. Et à qui les doit-on ? Hé bien à une certaine compositrice du nom de Yôko Kanno et d’un groupe créé à l’occasion « The Seatbelts » : groupe d’une trentaine de musicos français, américains et Japonais. Bon elle n’est pas à son premier coup d’essai la dame, parce qu’elle est aussi compositrice d’anime tels que « Vision d’Escaflowne » et « Ghost in the shell ».

    La bande originale est composée en majorité par du jazz et majoritairement de jazz bebop. Pour la petite histoire, le Bebop est un mouvement Jazz des années 1940 qui était à l’époque mal vu dans le milieu. Le principe était de réduire la formation à défaut des big bands, afin d’avoir plus de liberté sur les interprétations et faciliter les solos. Synchronisé aux combats spatiaux ou aux scènes de combat, cela donne un sacré cachet à la série. Enfin pour finir, vous trouverez ci-dessous le magnifique générique de la série qui fait office d’un des meilleurs génériques anime de tous les temps.

    Donc si on suit la logique de mon titre, pour moi pas de doute, c’est Cowboy Bebop qui l’emporte. Cependant malgré leurs ressemblances aux premiers abords, les deux séries développent un univers et un style unique. Par conséquent, à visionner d’urgence car c’est culte !

    See You Space Cowboy


  • Aujourd'hui, la musique classique #1
    30.01.12  _  21h23

    Une fois par mois, Huis Clos s’essaiera à la délicate tâche du lavage de vitrine. Avec une bonne petite raclette, on va nettoyer la vitrine d’une boutique qui en a bien besoin. Avant, elle était omniprésente, maintenant, elle est invisible mais toujours essentielle : la musique classique.

    On évitera le « la musique classique ça me détend », et aussi le « c’est superbe », ou encore le « voilà, c’est tout ce que je déteste dans le baroque ». Parce que nous ne sommes ni experts, ni débutants, mais entre les deux : nous sommes des petits curieux.

    La loi de la performance (et de la jungle) étant passée par là, la nouvelle musique classique n’est plus jouée dans les plus grandes salles de spectacle, et ses compositeurs ne bénéficient plus de privilèges particuliers par les présidences. Qu’importe, la nouvelle musique classique est quand même portée aux oreilles du plus grand nombre, notamment par le biais de deux canaux : la télévision, et le cinéma.

    C’est sans doute ses deux canaux qui ont permis à Ludovico Einaudi de se faire connaitre du grand public.

    Quand je vous disais qu’on était de petits curieux. Cette chanson, utilisée dans une publicité pour la marque Orange, est la face immergée de l’iceberg de l’œuvre de Ludovico Einaudi, car Ludovico est bien plus qu’un simple italien gaga de sa mama aux cheveux gominés par le gras de sa pizza mangée avec les doigts.

    Se servant de son don pour le piano pour installer des mélodies qui parviennent à être douces et puissantes, Ludovico Einaudi arrive souvent à faire flotter les éléments. Le plaisir vient alors très vite : on est détendus, c’est superbe, et le baroque est bien loin de nous préoccuper. Merde, on l’a dit.


  • Mousse d'argent
    15.01.12  _  12h28

    Photo prise sur le tournage des "400 coups" de François Truffaut.

    Dans le monde, il y a deux sortes de personnes : ceux qui sont sur la bonne vague, et les autres. Il y a le surfeur sur sa planche, et le surfeur qui le regarde.

    Deux solutions s’offre à vous pour monter sur la planche :

    Vous êtes sur une plage de la côte Basque, Hendaye, Bidart, Saint-Jean-de-Luz, Biarritz, peu importe. Vous vous dites que les surfeurs, ça a beau être débile, ça baise des meufs qui valent 8 sur 10. Alors vous, habitué à baiser des 5/10 pour vous rassurer et vous entretenir, vous vous dites qu’il est peut-être temps de passer un cap. De prendre la vie à bras le corps comme on dit. Le corps, il va devoir travailler, c’est pas avec vos bras d’enfants que vous allez sauter Penelope Cruz. Alors vous faites mille abdos par jour, vous vous shootez à la protéine, vous devenez blond, vous passez votre temps à taper dans l’épaule de vos potes pour plaisanter dans un pub australien où vous venez tout le temps parce qu’ils mettent du putain de son. Vous êtes grossier en somme. Grossier, mais content : vous baisez désormais de la pute distinguée, qui vaut certes un 3/10 le jour, mais un 7/10 la nuit.

    OU

    Vous êtes chez vous, seul, à trainer sur senscritique, à mater quelques films gentillets comme The Notebook, Le journal de Bridget Jones, et parfois un ou deux Woody Allen. Vous aimez bien le cinéma quand même : ça vous in-té-resse. Alors vous, habitué à baiser des 5/10 pour vous rassurer et vous entretenir, vous vous dites qu’il est peut-être temps de passer un cap. De prendre la vie à bras le corps comme on dit. Le corps, il va devoir travailler, mais après que vous ayez pris du poids à force de mater des films de la Nouvelle Vague. Vous découvrez un cinéma sincère, véritable, sans artifices, où l’improvisation règne et les acteurs rayonnent. Vous pensez maintenant que rien ne sert de vivre si l’on n’existe pas. Vous devenez romantique (vous connaissez le vrai sens du terme), vous savez parler aux femmes et les surprendre, et vos potes portent des écharpes même en été et boivent du vin blanc à outrance. Vous êtes grossier en somme. Grossier, mais heureux : vous baisez désormais de la distinguée, qui vaut certes un 3/10 la nuit mais un 7/10 le jour.

    En fait, la drague est une histoire de vague. A vous de choisir la bonne.

    C’est bon Michel, j’ai fais la mise au point, tu peux prendre le cliché.



  • Si le Wu Tang Clan avait été Québécois!
    10.01.12  _  01h06

    Pour les plus férus de Hip Hop, vous devriez aisément trouver quelques ressemblances avec le clip du morceau mythique "Protect Your neck" sortie en 1993 du Wu Tang Clan, groupe emblématique du rap New Yorkais voir même du rap tout court.

    Considérant celui-ci comme un hommage plutôt qu'une parodie, nous adressons un grand BRAVO aux nombreux MCs Québécois du K6A et aux réalisateurs de ce clip (Baz & Prince OG). Vous aurez peut-être aussi reconnu parmi eux des membres, créateurs et participants, des "Word Up Battles" (Concept ayant inspiré les Rap Contenders en France), Filigrane, Maybe Watson, Jam...

    Alors, même si on ne comprend pas tout... CHAPEAU, ce clip est "crissement" lourd!




  • Encore une histoire de chats
    09.01.12  _  15h00

    Bar de la Gaîté Lyrique

    AFP PHOTO / JOEL SAGET

    Le 2 Mars 2011, la Gaîté Lyrique a rouvert ses portes, après 20 ans de fermeture. Successivement jouet d’Offenbach, salle de ballets, école de cirque et même parc d’attraction, la Gaîté Lyrique a eu plusieurs vies, comme un chat (l’image n’est pas de moi).
    Longtemps ronronnant, le centre culturel semble enfin bien dans ses baskets. Relooké totalement par Manuelle Gautrand, le projet est séduisant, car sans oublier son passé, le lieu se tourne vers l’avenir. Cette position de pivot est parfaitement incarné par le bar de la Gaîté Lyrique (en photo au-dessus).

    La Gaîté Lyrique se consacre aux créations numériques dans « l’éclectisme, le pluralisme et la diversité » (Jérôme Delormas, son Directeur). Cette année, le lieu a accueilli des concerts des musiques actuelles (M83, Housse de Racket, Boys Noize…), des shows visuels & sonores (Versus 2.0 avec Carl Craig, Francesco Tristano et Moritz Von Oswald), mais aussi des expositions temporaires et éphémères, des conférences (« Google est-il supérieur à la démocratie ? », ou « Le Procès des Immortels » en partenariat avec la revue Usbek & Rica). Plein de ressources, d’imagination, de rêve, la Gaîté Lyrique devient avant tout un lieu de vie où il fait bon vivre et flâner.

    En 2012, pas après pas, la Gaîté Lyrique va continuer à avancer : conférences sur le futur, contes pour enfants, ateliers de création et concerts ambitieux sont encore et toujours au programme. On ne se fait pas de souci pour elle, on l’appelle déjà "la Gaîté", car c’est notre amie, notre compagnon de route qui nous répète sans cesse qu’il faut garder les yeux ouverts.

    Grâce à ma prof de CE2 et à Maurice Carême, je retombe alors sur mes pattes :

    Le chat ouvrit les yeux
    Le soleil y entra
    Le chat ferma les yeux
    Le soleil y resta
    Voilà pourquoi le soir
    Quand le chat se réveille
    J’aperçois dans le noir
    Deux morceaux de soleil

    La Gaîté Lyrique est donc un chat qui démarre une de ses 9 vies. Ca tombe bien, sur Internet et dans le monde du numérique, être un chat ça marche plutôt pas mal. Puisse la Gaîté avoir le succès (populaire) de Nyan Cat, dieu des chats de race kikoolol.

    Exemple d’un baptême réussi, la première ville invitée à la Gaîté Lyrique fut Berlin, cette ville fièrement modeste. Cette exposition, intitulée « Berlin Next! » ne sera point oubliée car un objet se chargera d’entretenir sa mémoire : « City Sounds Step ».
    Du krautrock à la minimale en passant par l’electronica on s’y perd dans les dénominations et cela donne un ensemble parfaitement cohérent, où tout est à sa place. Les producteurs de cette compilation de 6 CD (Naïve & La Gaîté Lyrique), parviennent à atteindre cette justesse que Miyasaki reproduit à chacun de ses films : de la légèreté, du goût, et beaucoup de poésie. Tout est limpide.


  • La Haine en Couleurs
    08.01.12  _  18h25

    Pour tous les aficionados du film culte de Mathieu Kassovitz sorti en 1995*, "LA HAINE", quelques scènes du film et images coupées au montage mais cette fois-ci en COULEUR.

    Enjoy!

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  • À deux c'est cool, mais à trois c'est mieux.
    03.01.12  _  19h12

     

    Joke - threesome (prod Frencizzle) by Jokemtp

     

    Bon ben voilà, «Threesome», nouvel extrait de la mixtape de JOKE. «Deloréan Music» prévue pour début 2012. Pour ne rien vous cacher j’écris ce billet sans trop d’enthousiasme. Mes copains de Huis Clos n’arrêtent pas de me solliciter pour que je poste un billet sur notre cher petit blog. «Mais si mec, fais le, tu es tellement doué, tu écoutes trop de purs sons, j’aimerais tellement être toi...» j'exagère à peine... Donc voilà je me retrouve contraint d’écrire à propos d’un morceau...et qui défonce qui plus est. En plus j’ai un peu honte parce que je sais que le morceau est sorti il a quelques semaines déjà et que depuis un nouveau morceau est sur le net, il s'appelle «Sac à dos». Mais c’est grave parce que de toute manière je l’aime moins «Sac à dos» et puis j’avais trop de boulot, du coup je ne pouvais pas écrire ce billet plus tôt.

    Sinon pour continuer à vous parler de moi, vous faire des confidences, histoire qu’on deviennent intimes et parce c’est vachement intéressant, j’avoue que j’ai longtemps cherché à écrire sur un MC Français qui en vaille vraiment la peine. Non parce que sans déconner il y a quand même masse de grosses daubes bien pourries aujourd’hui, et alors là-dedans on a le choix hein! Surtout à la radio (enfin pas sur toutes, mais j’ai pas le droit de dire lesquels). Ouais ouais, je suis comme ça...et en plus ça m'emmerde vraiment que tout un tas de types écoutent ces daubes et ne cherchent pas plus loin que le bout de leur nez.
    Non parce qu’ils auraient pu tomber sur des artistes comme JOKE. 
    Ouais, c’est de lui dont il est question.  Sérieusement ce jeune gredin défonce.
    Non seulement le mec est stylé, écrit bien, et pose sur des prod’ toujours bien pointues, mais c’est avec des textes qui oscillent entre cul et egotrip qu’il dévoile un flow tantôt ultra technique et tantôt bien slow. Pour ne rien gâcher le mec a à peine la vingtaine et fait le taff avec une attitude laid back presque déconcertante. Tout ce que j’aime.

    Je me souviens que quand j’ai choper son premier street album en 2009 «Prêt pour l’argent» il a tourné en boucle pendant des semaines dans la Morin’s mobile (c’était le nom de feu ma voiture). Quand je le réécoute je me sent nostalgique des nombreux moments passés avec elle et des Drive By en sèche cheveux en rentrant de soirées avec les potes. Bref faites moi confiance JOKE c’est pas une blague bien! Le Marty Mac Fly Montpelliérains découvert par Tekitek en 2009 et signé dans la foulée chez Stunt, label Hip Hop de feu Institubes, (alors ouais je dis «feu» parce que Institubes est mort, comme la Morin’s mobile quoi) est aujourd’hui un des membres du collectif «Les Monsieur». Regroupant 7 personnes, MC et Beatmakers, "Les Monsieur" et notamment JOKE nous délivrent de plus en plus de doses avec toujours autant de style. Composé en partie de Montpelliérains, "Les Monsieur" nous prouvent tout comme les mecs de Set&Match que MTP(Montpellier) est un vivier d'artistes talentueux et MC à l'ouïe fine, au style et au bic bien affûtés.

    Pour faire mon Jean-Pierre Coffe, «Ce n’est pas de la merde les enfants»
    Plus sérieusement, on vous tiendra certainement au courant de l’arrivé de «Deloréan Music» qu’on attend avec impatience.

    PEACE

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    Joke:   StreetAlbum: Pret pour l'argent (2009)

    Mixtape: Pret pour l'argent 1.5 (2011)

    Bip's: Mixtape: SS Bip's (2011)

    Myth Syzer: FuH EP (2011)

    Stunt’s DJ Vol 1 - Vol 2 - Vol 3 (2009)


  • "Le Coq Is Different" WAD°51
    23.12.11  _  14h27

     

    Je suis sûr que certains d'entre vous connaissent le magazine WAD (WeAreDifferent). Mag de culture, sapes, musique, tendances et d'innombrables pubs, bref un mag plutôt cool et branché. Par contre, je doute que vous ayez déjà entendu parler de Simon Le Coq, jeune illustrateur et graphiste de talent tout droit sorti de LISAA Rennes et membre de l'incontournable collectif Huis Clos*.

     

    A priori aucun rapport entre ce DAMN bougre de Le Coq et le Magazine WAD. Et pourtant vous pourrez découvrir dans le prochain numéro du magazine le travail de Simon qui a notamment participé à la création des "News", de "l'Ours" ou encore de la partie "Cool Beans". Le 51eme numéro de WAD disponible depuis le 22 Décembre devrait comme à son habitude déborder d'infos en tout genre. Alors, si comme nous, vous êtes fan de Simon Le Coq ou de tendances urbaines vous pouvez d’ores et déjà chausser vos baskets qui courent vite pour aller dans les Kiosques ou Buralistes qui deal cette dose.

    *Et on se fait plaisir et on en fait des tonnes.

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    WAD:  http://wadmag.com/
    Simon Le Coq: http://www.simon-lecoq.com/


  • La musique est un instrument
    22.12.11  _  12h02

    Je suis un singe en hiver. Un escargot qui se recroqueville égoïstement sur lui et passe la saison au chaud, loin des aventures et loin du risque.

    Et pourtant, il est un pont qui se dresse au-dessus du givre.

    4e album d'Anthony Gonzales, artiste esseulé d'un duo déformé, Hurry Up We're Dreaming est un luxe que j'écoute aux coins de cheminée. Luxe d'abord parce que double, dans une industrie du disque en crise. Luxe ensuite parce qu'il est des objets qui émergent à travers le flot, dorénavant incessant, des nouvelles productions musicales, des nouveaux groupes, des nouveaux buzz.

    Epique et ambitieux, Hurry Up We're Dreaming est d'abord un voyage onirique à travers un monde plus grand, plus fort, où, les yeux clos, nous sentirions les odeurs de notre enfance. La grandiloquence, l'excès, la démesure, sont parfois très, trop proches. Et parfois même des déchets. Mais on pardonne aisément à M83 lorsqu'on entend Claudia Lewis et sa réponse Steve McQueen ; lorsque défilent pendant 5 minutes les voix d’enfants de Splendor ; lorsqu’apparaît le saxophone de Midnight City. On pardonne à ce disque total parce qu'ici la musique est un pont. Un pont vers des souvenirs et des impressions.

    « Nous avons voulu quelque chose d’assez fort, qui fasse parfois saigner les oreilles, une musique qui rende difficile de se concentrer sur autre chose. Quelque chose à bout de souffle, qui te pèse mais qui t’inspire, te fascine et t’accapare ». M83

    Deuxième cocon de cet hiver : Take Care de Drake. Comme M83, conscient que sa musique renvoie à une certaine forme de rêve, Drake a pigé que cet album, très homogène de bout en bout, protège comme cette grosse couverture Beverly Hills dans laquelle je m’enroulais, petit, devant la télé. C’est moelleux et chaud. On entend la voix du mec de The Weeknd, puis ensuite celle de Rihanna, au loin Nicki Minaj, Rick Ross, l’harmonica de Stevie Wonder sur ce qui est la plus belle ballade de l’année (« Doint It Wrong »), et Lil Wayne. Drake a des amis, mais Take Care s’émancipe de ces noms et ne vacille à aucun moment. Il puise au service de quelque chose d’un peu plus fort et d’un peu plus grand. Et ça remue en moi.

    Voilà la fin d’année qui arrive et, tous les blogs et tous les magazines dégainent leur top 2011 : Les Inrocks, Rolling Stone, Pitchfork, GorillavsBear, Stereogum, …

    Plutôt que de jouer à la compétition entre artistes, j’avais envie de vous parler de deux grands disques, sans départager, sans classer. Parce que la musique est une ouverture, sur soi et vers les autres, dans le présent et vers autre chose. Elle est un instrument. Elle est son propre monde.

    « Nous tombons de la joie obscrure à la douleur obscrure, le sentiment d’un manque inifni nous fait voir pleins d’attraits l’avenir et le passé. Nous vivons ainsi dans des temps écoulés ou dans des utopies lointaines, cependant que l’instant s’enfuit ». Ernst Jünger

    Ne laissons pas l’instant s’enfuir.

    Photo : "Phoenix Dust Storm", Flickr/Dbryant

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