Nous y voilà, l'épisode #04 (en retard, certes) de cette fabuleuse série : "Aujourd'hui, la musique classique". Et tout ceci ne s'est pas fait sans violence : FLASHBACK.
Depuis quelques semaines, mes copains Huis Clos ne riaient plus à mes blagues, ne riaient plus à mes gifs, ne riaient plus à mes tweets. J'ai bien eu quelques sourires quand je racontais mes histoires les plus secrètes (celles qui mélangent alcool, sexe et désillusion érotique le lendemain matin), mais je sentais un reproche : l'article #4 n'arrivait pas et ça froissait tout le monde.
Finalement, c'est en regardant un dessin animé avec ma nouvelle copine, une jeune masseuse thaïlandaise aux intentions irréprochables, que tout s'est révélé. J'avais enfin trouvé un génie à la taille des précédentes stars de cette chronique : 藤澤守. Si ce nom ne vous dit rien, c'est normal, car il est plus connu sous le surnom : 久石譲. Si ce surnom ne vous dit toujours rien, c'est normal ; les japonais (et plus généralement les asiatiques) ne se sont pas encore décidés à adopter un système d'écriture moderne, à savoir : des lettres.
Joe Hisaishi, 61 ans, est sans aucun doute le compositeur de musique de films le plus célèbre du Japon (si l'on considère que 2-3 dessins mis côte à côte peuvent être appelé "films"). En effet, c'est en 1984 que notre ami Joe commence sa collaboration avec les studios Ghibli en signant la BO du film d'animation "Nausicaä de la vallée du vent", collaboration qu'il poursuivra ever and ever : Hayao Miyazaki et Joe sont désormais best friends. Hayao se fera un peu tromper par Joe, lorsque celui-ci s'acoquinera avec Takeshi Kitano, le bad boy du Japon, et quelques capitalistes occidentaux (il signera à cette occasion la nouvelle BO du film muet de Keaton "Le Mecano de la Generale", et celle du "Petit Poucet") ; mais depuis, tout est rentré dans l'ordre et Joe a signé la BO d'un jeux-vidéo, dessiné par Hayao et ses copains.
Alternant pièces personnelles et travaux cinématographiques, l'oeuvre de Joe Hisaishi n'est pas seulement figurative. Elle représente par petites touches et par impressions, sans besoin de recourir au turbines lyriques et pataudes occidentales (bisous Hans Zimmer). A vrai dire, je ressens un peu la même chose lorsque j'écoute Debussy, mais puisqu'il est mort, je ne peux pas parler de lui, sinon cette chronique s'appellerait "La musique classique hier et avant-hier".
Ancré dans une certaine tradition orientale, jouant avec les codes, à la fois pianiste et chef d'orchestre pendant ses concerts, ouvrier éclectique d'une musique à la qualité toujours renouvelée, Joe Hisaishi est l'artisan, avec Miyazaki, d'un univers magnifique et délicat : une magie au détour du quotidien.
Ces derniers jours, une déclaration est apparue comme un affront à un pays tout entier. L’information, reprise par les réseaux sociaux et par les plus grands journaux mondiaux, a également été relayée par quelques médias français : Justin Bieber aurait dit avoir enregistré son nouveau tube dans « un de ces pays quelconques ». Il parlait en fait de l’Indonésie.
C'est-à-dire ça :
Ou, ça :
On l'avouera, c'est quand même bien plus quelconque et sans intérêt que ça :
C’est un fait, même s’il roule en Ferrari Justin Bieber manque de classe. Le pauvre a sauté les étapes, des classes, et donc les cours de géographie. Il vit sa vie plus vite que les autres de son âge. Sa vie est-elle pourtant facile ? Je ne pense pas. Son pote enfant prodige Jordy le martelait déjà à l’époque : c’est dur dur d’être un bébé.
Et ce n’est pas Marie-Noëlle Drouet, dite Minou Drouet qui vous dira le contraire. Enfant (elle aussi) « prodige » de son époque, Minou envoie dès l’âge de 8 ans, de nombreuses lettres à son professeur de piano qui les transmets à un éditeur, qui les recueille et les publie en 1955. En 1956, est publié « Arbre, mon ami », recueil de poème qui connait un grand succès en librairie.
Tout va bien pour la petite poétesse, ou presque. On soupçonne sa maman préceptrice d’écrire les poèmes à sa place. Jean Cocteau (en personne) ira même de sa petite phrase à l’encontre de la (encore) petite personne : « Tous les enfants ont du génie, sauf Minou Drouet. ». Oh le méchant.
Pour lever les doutes sur ses dons, Minou doit alors passer plusieurs examens d’écriture, qu’elle réussira. S’en suit, comme Justin, une période faste : elle joue de la musique avec Jacques Brel ou Charles Aznavour, est reçue par le Pape Pie XII, lit ses poèmes dans des boites de nuit, joue le rôle principal dans le film Clara et les méchants (il paraitrait que Clara Morgane veut en faire un remake).
Après 1960, la notoriété de Minou va baisser. Elle prend soin de sa famille pendant deux ans, et quitte le show-business temporairement. Ce merveilleux monde des paillettes ne l’attendra pas, mais elle s’en fiche Minou, elle n’a plus envie d’écrire. Elle a juste envie de vivre, simplement. Elle se range, devient de plus en discrète et après quelques histoires de cœurs elle se marie en 1993, dans sa ville d’origine – La Guerche-de-Bretagne. L’étoile Minou Drouet a fini de briller. Elle redevient Marie-Noëlle. De sa douce Bretagne, Marie-Noëlle doit observer avec malice comment évoluent et grandissent les petits prodiges comme Justin Bieber. Je pense que ces deux là auraient d’ailleurs pas mal de choses à se dire, avec cependant une manière bien à eux de s’exprimer :
Minou – Nuages, haies de plumes, oiseaux d’écumes, oiseaux aux grandes ailes, venus de mon ailleurs, nuages, ventre battant d’animal pris au piège, nuages, caniche d’ouate, né du rêve d’un enfant malade, nuages, voile d’un bateau qui me montre le chemin, le chemin fluide du silence.
Nuages, montagnes qui viennent vers moi et qui ne briseront rien de moi rien qu’un reflet chantant.
Nuages, féérie du ciel dont un coup de vent fera en une seconde des confettis de cristal.
Justin – Tu sais que tu m’aimes, je sais que tu te soucies. Crie n’importe quand, et je serais là. Tu veux mon amour, tu veux mon cœur. Et nous ne serons jamais, jamais, jamais séparés. Sommes-nous un objet ? Meuf, arrête de jouer. Nous sommes justes amis, qu’est-ce que tu racontes ? Tu as dis qu’il y avait quelqu’un d’autre et tu m’as regardé droit dans les yeux. Mon premier amour m’a brisé le cœur pour la première fois. Et j’étais comme … Bébé, bébé, bébé, ohhh. Je pensais que tu serais mienne, mienne.
On le sent. Il y a une différence de ton. Le courant ne passera sans doute pas entre ces deux êtres qui se ressemblent, mais qui ne se comprennent pas. Un malentendu à mettre sur le compte de l’époque peut-être. Avant, c’était Minou qui faisait rêver les petites filles. Maintenant, c’est Justin.
Ouais, c’est encore un bel exemple que le monde part en couille.
PS : Un conseil Justin, t’avise pas de dire que La Guerche-de-Bretagne est un pays quelconque. Sinon, tu risques de finir en galette-saucisse.
Entre 1968 et 1975, Stanley Kubrick nous a offert 3 chefs d’œuvre majeurs de l’histoire du cinéma : le métaphysique et psychédélique 2001, l’Odyssée de l’Espace (1968), le punk et nihiliste Orange Mécanique (1971) et l’épique et baroque Barry Lyndon (1975).
Reconnus voire adulés pour leur beauté plastique et le génie de leur mise en scène, ces films sont unanimement considérés comme des monuments du panthéon artistique (à l’exception notable de la grande critique américaine Pauline Kael, dont la préférence va au monde manichéen et niais de Spielberg, que Kubrick lui-même avait étonnement désigné comme un possible successeur).
Ainsi, de ces films on se souvient de scènes cultes résumant le génie technique et artistique de Kubrick : regard vicelard d’Alex DeLarge, verre de lait en main et pieds sur une sculpture de femme nue, tabassage en règle sur l’air de Singin’ in the Rain, et meurtre au pénis géant pour Orange Mécanique, apparition du monolithe noir, long trip psychédélique vers Jupiter et fœtus retournant sur Terre en guise de final pour 2001, l’Odyssée de l’Espace, éclairage à la bougie et musique d’Haendel ou Schubert rythmant les scènes de séduction et de duel à la chorégraphie époustouflante pour Barry Lyndon…
Mais, avec le recul, lorsque s’estompe la fascination devant la puissance visuelle et musicale de ces films, que nous en reste-t-il ? Peut-on voir dans ce triptyque, composé des œuvres les plus abouties de Stanley Kubrick, une cohérence les liant entre elles ? De prime abord, il semble difficile de les considérer au sein d’une globalité tant chacun d’elles semble ancrée dans une contemporanéité visionnaire et un sous-genre à part (science-fiction, anticipation et film historique).
Cependant, en analysant le message contenu dans chacune de ces œuvres, il apparaît alors indéniable qu’une même réflexion est poursuivie autour de la violence, sa codification, la légitimation de son utilisation, et son rôle fondateur des sociétés.
Le général Ripper, incarné par le génialissime Sterling Hayden
On peut d’ailleurs voir poindre cette fascination de Kubrick pour la violence dès Docteur Folamour (1964), dans lequel il la présente de manière corrosive et hilarante comme un symptôme et une conséquence de l’impuissance masculine. Dans cette critique acerbe du lobby militariste, il met en scène le génialissime général Ripper, maccarthiste jusqu’au-boutiste faisant porter la responsabilité de son impuissance à un communisme ayant infiltré ses « fluides corporels ». Les vieux libidineux de l’état-major militaire considèrent donc l’arme atomique comme une projection et un substitut de leur appareil génital défaillant… La manière dont le major T. J. « King » Kong chevauche la bombe, dans un rodéo nucléaire qui provoquera un holocauste sur fond musical ironique de We’ll meet again, ne laisse d’ailleurs peu de doute quant à cette interprétation.
Cette première approche, centrée sur des hommes jouant avec de grosses fusées pour combler leur impuissance, relève davantage de la farce et de la satire. La profonde méditation du maître sur la violence débute véritablement avec 2001, l’Odyssée de l’Espace.
2001, l’Odyssée de l’Espace (1968)
Son ouverture « darwinienne » pose en effet un postulat simple : l’Homme est le seul animal ayant su véritablement instrumentaliser la violence, l’asservir à ses besoins, la faire sienne en tant que moyen de domination et non plus seulement de survie. Il a donc su encadrer son usage et en faire un fondement de sa société, afin d’en imposer les règles et de dominer son environnement. L’être humain serait alors le seul capable de faire un usage « intelligent » de la violence, c’est-à-dire rationnel et utile, permettant de s’approprier des ressources, se renforcer et faire respecter la loi. Elle ne se limite donc plus à une charge aveugle et désespérée, nourrie par les ressentiments ou l’instinct de survie, mais s’envisage comme un moyen structurant de l’organisation humaine.
Kubrick décrit donc un darwinisme par la violence, l’Homme se démarquant des autres êtres vivants et tirant sa domination du fait d’avoir su instrumentaliser et réglementer l’usage de la violence. Cette théorie est d’ailleurs appuyée par le génie de la mise en scène kubrickienne, qui, à travers la plus célèbre ellipse de l’histoire du cinéma, transforme l’arme de crime originel en vaisseau spatial, faisant du premier meurtre le point de départ de plusieurs millénaires d’histoire et de progrès humains.
Or, ce progrès apporte de nouvelles problématiques évoquées dans la suite du film et incarnées par l’ordinateur HAL 9000, sorte d’excroissance infaillible du cerveau humain. Ne prenant des décisions que par calculs informatiques avec l’ambition suprême d’accomplir la mission qui lui a été fixée, il est prêt à supprimer tous les cosmonautes pour ne pas compromettre la tâche qu’il croit sienne. La violence comme moyen froid et calculateur d’atteindre un but supérieur est donc poussée à l’excès par HAL, qui, malgré ses râles et supplications étrangement humanisés lors de sa mise hors service par le seul cosmonaute survivant, n’en reste pas moins incapable de prendre en compte la dimension humaniste de la violence fondatrice.
« L’exécution » de l’ordinateur meurtrier est donc un acte nécessaire au maintien du monopole de la violence intelligente par l’Homme. Le constat fait au travers d’HAL 9000 est que si la violence a besoin d’être coupé de tout ressentiment afin de se faire juste, elle ne peut être totalement démunie de toute considération sentimentale et se résumer à un acte déshumanisé, à un simple calcul informatique.
Orange Mécanique (1971)
La poursuite et l’approfondissement de cette réflexion se fait dans Orange Mécanique. C’est le film de Kubrick traitant la question de la violence de la manière la plus frontale et ayant subi pour cela de nombreuses critiques, jusqu’à être retiré des salles britanniques à la demande de Kubrick lui-même, face aux pressions et menaces.
Le film s’intéresse à la violence gratuite, sans fondement ni légitimité, d’Alex DeLarge et ses droogies, membres d’une jeunesse désœuvrée et immorale. Ils considèrent la brutalité et le meurtre comme le fondement de leur liberté, tels des nazillons ayant, à la suite de leurs funestes prédécesseurs, à nouveau détourné le précepte de Nietzsche en « la violence rend libre ». Ils s’en prennent aux faibles, femmes, vieillards et indigents, car cette violence semble être devenue leur seul moyen d’existence et d’expression face à l’incompréhension de la société. Mais elle ne peut cependant être laissée impunie car elle menace le principe même de monopole de la violence par l’Etat. Afin d’en rester le seul dépositaire face à ce nouveau phénomène, l’appareil étatique va chercher à inventer une réponse innovante afin de vider cette jeunesse de ses pensées et fantasmes impurs.
Mais alors, comment traiter la violence qui sort de tout cadre, dont les racines sont inconnues et les causes inexplicables ? Le pari est fait du traitement de la violence par la violence, en exposant le cobaye Alex à toutes les scènes d’atrocité de l’histoire humaine et en les liant à la musique de Beethoven. Cette rééducation par la violence, qui cherche à remonter à la source des motivations humaines l’ayant déclenchée, subit un constat d’échec car malgré l’incapacité physique d’Alex à l’exercer au sein de « Ludwig von », la volonté et les fantasmes sont toujours présents. Ainsi, l’Homme a la violence ancrée au plus profond de lui et son organisation en société lui a seulement imposé un vernis de civilisation à respecter. Lorsque cette société n’a plus rien à lui offrir et qu’il n’a donc plus aucune raison de se conformer à ses règles, alors de nouveau prend le pas la bestialité enfouie au plus profond de lui. Ainsi, même si l’individu en société se conforme aux règles du vivre ensemble, où le monopole de la violence est laissé à l’Etat, guette toujours la menace d’une explosion de cette carapace civilisée.
Le fantasme final d’Alex, preuve de l’incurabilité de sa perversité.
Enfin, Stanley Kubrick complète son cycle de la violence en se projetant dans le passé, après être revenu aux origines de l’humanité et avoir envisagé son avenir fictif dans 2001, l’Odyssée de l’Espace puis s’être intéressé à une société imaginaire dans un futur que l’on imagine plus ou moins proche voire parallèle dans Orange Mécanique.
Barry Lyndon (1975)
En revenant au XVIIIème siècle, Kubrick s’intéresse à l’ascension et la chute d’un opportuniste, Barry Lyndon. Dans ce film, la violence est omniprésente, accompagnant chaque évolution de son héros, de la petite bourgeoisie irlandaise à la grande noblesse anglaise. Celui-ci, malgré son charme, sa chance, son effronterie ou son immoralité, ne pourra jamais concourir avec cette noblesse qu’il envie tant et qu’il souhaite à tout prix rejoindre. Car celle-ci dispose d’un avantage non négligeable sur lui : la maîtrise des règles et de l’utilisation de la violence.
Dès l’origine, il est contraint d’abandonner son amour de jeunesse au capitaine anglais Quinn, qui offre à la famille de la jeune fille un mariage de raison. Barry Lyndon, encore appelé Redmond Barry à l’époque, tente d’empêcher cet union en provoquant en duel le capitaine, opposant son courage et sa naïveté aux titres et à la richesse. Il va pour la première foi être berné par les codes de la violence : le duel est truqué et la balle de revolver avec laquelle il croit abattre son opposant est en étoupe. Le gradé et la famille de la future mariée ont estimé que la défense de l’honneur par les armes n’avait pas lieu d’être dans ce mariage où chacun trouve son intérêt, et qui ne peut être menacé par la jalousie d’un amoureux transi.
Redmond, persuadé de s’être mis hors-la-loi par ce crime, est contraint à l’exil et s’engage alors dans l’armée. S’il parvient à faire ses preuves parmi ses semblables, soldats de bas étages trouvant grâce dans la maîtrise de la boxe comme preuve de virilité, cette idée de la violence comme talent d’intégration et d’ascension sociale ne sera qu’illusion. L’incapacité de Barry a assimilé les règles d’utilisation de la violence causera sa perte, ne faisant de lui qu’un opportuniste à la gloire éphémère, à qui le rang de noblesse sera refusé et qui sera renvoyé parmi les siens. Ce tournant a lieu lorsqu’il s’abandonne à frapper en public Lord Bullingdon, l’insupportable mais noble de naissance fils de Lady Lyndon, que Barry a épousée avec l’ambition d’obtenir un titre. Cet acte de violence sur le membre d’une élite, qui ne l’a pas encore accepté malgré tous ses efforts, est considéré comme socialement illégitime et finira de ruiner toutes les tractations entreprises afin de se faire accepter.
Ayant compris son erreur, il n’assimile pas pour autant les codes de cette société qui se refuse à l’accepter en son sein, lorsqu’il se laisse défaire volontairement lors d’un duel. Le duel, passe d’armes entre gentilshommes adoubée par les mœurs, est l’expression de la violence, légitimée et encadrée, que reconnaît la classe dominante. La tentative de Barry pour obtenir ainsi une forme de rachat est donc vaine et sa bonté mal placée va alors le contraindre à se faire abuser par le fils de la marquise, qui maîtrise parfaitement les us de sa classe et n’hésite donc pas à tirer afin de « se faire justice ». Les coups portés à mains nues par Barry Lyndon sont donc plus sévèrement jugés que le tir de pistolet de son beau-fils, qui l’amputera de sa jambe et l’éloignera de ses rêves d’accession à la noblesse.
Au cours de ces trois films, Kubrick a donc développé plusieurs idées. La première est que la violence a nourri l’évolution humaine, son instrumentalisation ayant permis une domination de l’environnement et l’élaboration de sociétés dont elle fait appliquer les règles. La seconde est que l’encadrement légal de son utilisation varie d’une époque à l’autre, d’une société à l’autre, et a souvent été au service des classes dominantes. Le risque est donc toujours présent que cette violence, bien que légalement entérinée par une société, puisse devenir illégitime en même temps que l’organisation qu’elle protège. Nous ne sommes alors pas à l’abri d’un déchaînement de violence gratuite qui se voudrait le moyen d’expression des damnés. La troisième idée s’organise autour des questions que soulève les deux premières : comment alors s’assurer d’une juste utilisation de la violence afin d’éviter des excès ? D’une part, si l’on considère que chaque être humain agira en priorité en fonction de ses propres intérêts, et donc que les dominants chercheront à garder leur position, la violence sera toujours soumise à leur volonté. D’autre part, en cherchant à purifier la violence de cette humanité néfaste car intéressée et en la cantonnant à des calculs, on s’expose à une violence déshumanisée. Par « déshumanisée » s’entend une utilisation de la violence ne prenant plus en compte la dimension humaine, uniquement régie par l’intelligence, et qui pourrait alors menacer la domination de l’Homme sur son environnement grâce à elle. Cette thématique de la violence totalitariste a par ailleurs été explorée dans d’autres œuvres, au cinéma avec moins de talent et de brio par Spielberg dans Minority Report, au rayon littéraire par les visionnaires 1984 de George Orwell et Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley.
La vision de Kubrick est-elle pour autant véritablement pessimiste ? En posant la violence comme essence de l’Homme et de son organisation en société, il la présente comme dimension primordiale et donc menace potentielle soumise aux excès. La violence est donc un élément structurant de notre histoire, et sa dimension néfaste n’est déterminée que par l’utilisation qui en est faite Le cinéaste ne cherche pas à nous offrir une réponse, mais plutôt à nous questionner, démontrant le rôle central et fondateur qu’a eu la violence et posant les enjeux de sa maîtrise pour les générations futures. Une sujet ouvert et passionnant donc, soulevant des questions qui appelle à méditer sur les différentes interprétations possibles de l’œuvre de Kubrick. C’est tout de même une ouverture bien plus fascinante que de savoir si la toupie d’Inception poursuivra ou non sa rotation dans un pseudo-suspense douteux…
La colère des titans est un film E X T R A O R D I N A I R E.
Il ne ressemble à aucun autre film que j'ai pu voir dans toute ma vie entière depuis le début jusqu'à la fin de l'après midi.
En deux mots, Les dieux n'ont plus assez de pouvoir pour retenir le titan Chronos enfermé dans sa prison du tartare (aucun lien avec Maïté) et font appel au demi-dieu Persée, devenu père au foyer-pêcheur, pour sauver l'humanité grecque. (Une métaphore à peine dissimulée de Sarkozy sauvant les grecs de la crise.)
Dans la vie il y a de très bons films, de moyens films et de mauvais films. Il y a aussi les nanars et ceux qui nous laissent un goût désagréable au fond de la bouche et pas loin du cœur. On trouve aussi des films qui nous laissent juste le temps de comprendre que la meilleure chose à faire est d'aller manger notre boite de popcorn XL dehors sur un banc au soleil, ou au pire s'il pleut, d'aller se délecter de la chronique culinaire de Jean-Pierre Coffe dans Vivement Dimanche. Jean-Pierre, si tu nous regarde...
Il arrive quelque fois qu'un film vous laisse sur le cul, les yeux ébahis, la bouche ouverte, bave aux commissures et morve au nez. On en ressort choqué à vie, des étoiles dans les yeux, avec la certitude que notre existence va prendre un tournant radical un peu comme celle de Patrick Topaloff après avoir sorti le tube Où est ma chemise grise en duo avec le grand Sim, et qui fût l'aboutissement d'une longue et prolifique carrière.
Ce n'est pas le cas de La Colère des Titans.
La suite du Choc des Titans avec ce bon vieux Liam Neeson dans le rôle de Zeus n'entre dans aucune boite. Ni chef-d'œuvre, ni nanar, ni moyen, ni mauvais, il ne se caractérise que par son ataraxie intrinsèque qui transmet au spectateur un taux d'émotion proche du zéro.
Si le récit est une agrégation de faits mythologiques collés les uns aux autres sans aucune structure, on y trouve quand même un Chronos en lave, un Zeus sans pouvoir, un Hades sosie de Liam neeson joué par Ralph Fiennes, un Héphaïstos vieux-beau, un fils de Poséidon voleur, une Andromède digne de Johnny English, un Minotaure mal fait, des Cyclopes chauves et pléthore de monstres plus ou moins gros qui crachent des flammes et qui ajoutent de la matière grasse à la débauche d'effets 3D que nous jette ce film dans nos yeux béants. L'orgie d'effets 3D présente dans ce film nous entraine dans un état proche de l'Ohio, où tes yeux saignent et où il ne manque plus que des sièges mouvants pour te croire à Eurodisney qui fête ses 20ans cette année (je revends des coupes-files pas cher, contact en Inbox si intéressés).
Après tout c'est peut-être ça qui n'en fait pas un mauvais film au point d'en préférer l'épisode 2354 d'AGB: Amour, Glaire et Braquemard.
Mais là où réside toute la beauté de ce film c'est qu'on ne peut pas le classer dans la catégorie Nanar car ses effets spéciaux sont américains, ses petites blagues sont drôles en elles-mêmes, l'histoire a un début et une fin et la somme des séquences forme un parcours initiatique bis pour Persée qui doit démonter du dieu à coups de poings. Ah oui parce que je ne vous ai pas dit, on retrouve la belle morale purit(améric)aine qui rappelle que les dieux n'ont plus de pouvoir faute d'être priés. Votez USA.
Sinon, est-ce que quelqu'un peut me dire qui sont LES titans dans ce film?
Vendredi dernier, ouais le 16 décembre, je me réveille dès la première note de la sonnerie de mon téléphone. D’un seul bond je me retrouve sous la douche, me savonne bien, même derrière les oreilles et tout et tout, bois une gorgée d’un doux breuvage à la vanille, avale mon Guronsan et allume mon scooter...je suis impatient, AUJOURD’HUI MICHEL DRUCKER VIENT À L’ÉCOLE. Quinze minutes plus tard mon scooter est enfin chaud, je l’enfourche et fonce jusqu’au lieu de rendez-vous. Je trépigne d’excitation, j’ai assortis mon sweat et mes baskets, elles sont rouge. J’ai mis du rouge parce que je sais que Michel Drucker il aime bien le rouge, en plus c’est la même couleur que son canapé quand je le regarde à la télévision dans Vivement Dimanche.
Alors voilà, la journée débute par plusieurs cours et comme à mon habitude je suis très concentré et attentif aux enseignements du professeur. Plutôt bizarre, parce que je ne me rappelle pas avoir été autant excité que depuis le Noël 1994 (je crois que c'était en décembre). J'avais reçu un lapin nain angora blanc et marron, il était douuuux, je l'aimais. Enfin tout ça pour dire que j'étais super SUPER excité par la venue de Michel.
Des milliers de questions fusaient dans ma tête: Vas-t-il vraiment venir? Est-il gentil? Est ce que Olga, son chien sera là? Y’aura-t-il des guests, JP Coffe ? Est ce que je vais oser lui poser une question? Bref j’étais impatient. Les 12 coups de midi (pas ceux de Reichmann, les vrais) sonnent. Je sors de la classe en courant, dévale les escaliers quatre à quatre, achète un sandwich Italien à 4,50€, l’engloutis en deux bouchées... Toujours avec la même précipitation, je vais m'asseoir au premier rang de l'amphithéâtre pour attendre l'arrivée de Michel prévu pour 13h.
12 h 13, j'ai mal au ventre. J'ai du mal à savoir si c'est l'anxiété dûe à la rencontre avec Mimi ou si c'est le sandwich... peu importe je me contiens. En attendant Michel, je gribouille sur les tables comme j'aime le faire... le temps passe plus vite. Autour de moi l'amphithéâtre se remplit au fur et à mesure que les minutes passent.
13 h33: Michel Drucker vient d'arriver. Je le sais parce que tout le monde s'excite et fait de grands yeux. Mon coeur s'emballe, il n'a jamais battu aussi vite (sauf pour le lapin). Là, un trac incroyable s'empare de moi et mon visage devient tellement rouge qu'il se confond avec mon sweat.
Soudain, Michel ouvre la porte, tout le monde se lève et applaudit, moi je le trouve petit, enfin plus qu'à la TV. Il s'approche du premier rend de l'amphi et sert des mains et se dirige vers moi. C'est à cet instant précis que je m'aperçois que ma table est recouverte de petits dessins de Michel et Olga et que son nom est écrit dans plus d'une dizaine de typographies différentes juste devant moi... Sans prêter attention à tout cela, il saisie ma main, la secoue un bref instant, la relâche et va rejoindre son tabouret sur l'estrade en face de moi. Dans ma tête le temps s'est arrêté, dans la salle les questions défilent, mais pour moi le temps est resté figé depuis cette poignée de mains.
Au fil de la conférence je parviens à reprendre mes esprits, mais reste obnubilé par cet homme, figure emblématique du paysage audiovisuel français. Je suis fan de ce type, c'est mon idole... CHAPEAU L'ARTISTE. C'est comme s'il était l'histoire de la télévision française, depuis Guy Lux à Cauet en passant par Tex ou encore Corbier, il reste le PATRON, le BOSS!
Les minutes défilent et la conférence approche de sa fin, je suis comme un gosse à qui on offre un lapin nain angora, mes yeux brillent, je suis tellement heureux que j'ai envie de pleurer. Humble, simple et talentueux voilà un homme auquel j'aimerais ressembler, M.I.C.H.E.L D.R.U.C.K.E.R. C'est à peu de choses prês ce que je me disais... enfin jusqu'à l'instant fatidique. Alors que je suis toujours sur mon nuage, celui que je vénère depuis toujours prononce les mots qui changèrent ma vie à tout jamais. Ces mots raisonnent encore dans ma tête, « vos grands parents m'aiment, vos parents m'aiment, vous m'aimez... Hé oui... et vos parents m'aiment certainement plus que qu'ils ne vous aiment, c'est sûr!»
Avec le recul ce n'était pas si terrible, mais comment un homme de sa trempe a-t-il pu prononcer de telles paroles devant un parterre de fans conquis? Il ne faut vraiment pas avoir de coeur. Non parce que... quand j'y réfléchis si Drucker avait été l'homme que je croyais il n'aurait jamais dit ça, c'est évident... Bref Michel Drucker est un connard.
Enfin merde! J'veux dire, même à l'âge d'or de l'école des fans, jamais Jacques Martin n'aurait osé faire ça, ni même le penser, jamais! Il a bien trop d'classe Jacques Martin...
Dépourvue de fausse modestie, il l’avoue, c’est un génie. Il ne peut s’empêcher d’écouter la musique sans la saisir pleinement, l’analyser, la digérer, et créer. De son nom découle le reste : Chilly Gonzales, où l’Esquimau moustachu.
Gonzales est un performer infatigable (il joue très longtemps), c’est une véritable bête de scène, c’est aussi un maitre dans l’art du contrepied. Son album le plus vendu est Solo Piano, un album entièrement instrumental, sorti en 2004. Lui et son piano impressionnent la critique, et le compare Gonzales à Erik Satie (toujours plus). Gonzales le chaud bouillant, Gonzales l’Entertainer, se paie alors un luxe : être invité pour un grand show TV sur Mezzo, en face du grand, du beau, du coincé Jean-François Zygel.
Dans Solo Piano, il joue sans bandana, mais avec un bermuda triangle, et danse la Carnivalse. Dans cet album, Gonzales s’amuse et joue avec les mots comme il joue avec les notes. Son ton léger et sa musique simple transportent qui veut s’éloigner du quotidien pour un moment.
Vous êtes sur un banc dans l’aéroport, vous observez. Cette musique dans vos oreilles habille chaque personne qui croise votre regard. Il y a cette fraiche péruvienne de 23 ans très souriante dans sa jupe jaune (Oregano), cette élégante femme parisienne (Paristocrats), ou encore ce jeune homme pressé de partir (One Note At A Time). Tous sont là, à laisser filer le temps, pensant à leur père : l’Esquimau Moustachu.
Des filles en portes jarretelles et soutif baroques m'accueillent dans ce hangar affecté aux réceptions mondaines d'outre-rock.
Le lieu est rempli de Plus-ou-Moins-Vrais-Punks et de Lesbiennes vraiment keuponnes.
Toute la scène bobo-rebello-trash-punk de Paris s'est retrouvée là.
Un peu plus loin dans la même rue, une bande de métallos s'égosille sur le KaraKO de War Pigs dans une cave tapissée de crânes et d'illustrations des sept pêchés capitaux pendant que les serveurs souffrent au rythme arythmique et asynchrone des chanteurs du dimanche. Mais ceci est une autre histoire.
Dans ma salle, pas de KaraKO, pas de metallos, pas de cochons. Juste des femmes en portes jarretelles et soutif baroques. Passe à côté de moi un dragon. Sur son ventre est tatoué une grande pin up, brune en porte jarretelles et soutif baroque. Mais peut-être est-ce l'inverse : Une fille avec un dragon tatoué dans le dos. Je ne sais pas. Elle a une queue de reptile dans le dos.
Commence alors la valse des filles en portes jarretelles et soutifs baroques. Elles déambulent ça et là dans les travées. Autour des tables éparses et des corps dispersés. A moitié dénudées ou à moitié habillées selon les points de vues. Dentelles, velours, feutrines, crêpes, satins, mousselines, likras, vynils, soies, cuirs, moustaches. Toute sortes de tissus pour toutes sortes de peaux. Elles ondulent leurs corps au teint de porcelaine surmonté d'un visage fardé comme une voiture volée.
Un sosie de Chris Martin arrive sur scène et plaque trois accords. Tout se résume en un concert pop-punk de gonzesses. Pour gonzesses.
Puis un groupe de nanas beauf-cacophoniques arrive sur scène jusqu'à ce que le sosie officiel de Nina Hagen déboule, batte de baseball à la main et commence à se friter avec la chanteuse-gueuleuse.
Baston ! Baston ! Elle ira au Baston ! Comme les keupons vont au charbons !
La caille aux morilles pseudo keupone des banlieues mâtinée de R.A.T.M. et de Jena Lee, accessoirement chanteuse du groupe, se prends la tête avec Nina, batte en main, qui est venue en découdre à coups de grosses aiguilles en bois. Ça sent la frite à plein nez.
Noir. Le Maitre de cérémonie au chapeau léopard vient interrompre l'affrontement.
Au Suivant!
Encore un groupe de punk, mais cette fois avec une chanteuse proto-evanescente qui chante comme Nico sans le Velvet. Tout se passe comme si la messe était dite. Les enfants de cœurs camés écoutent religieusement. Seul un zig d'1m90, au milieu de la fosse, gesticule à s'en briser la fistule.
À grands renforts de Head Bang il tourne, tourne, petit patapon jusqu'à se faire virer par la sécu.
Fin du 3ème concert.
Enfin, le dragon bicéphale et monocodal monte sur scène et annonce son groupe accompagné des filles du Cabaret des Filles de Joie. - Si parfois elles se perdent à faire le show (surtaxé) devant une bande de publicitaires guindés et masqués bave aux lèvres, il faut bien gagner son pain – ici elles connaissent les lieux, le public et l'ambiance.
Le groupe joue du psychobilly, un rockabilly punk orgasmique et les filles accumulent les attitudes, les costumes, les effeuillages, les personnages. Tout n'est plus que décolletés profonds, cuisses diaphanes, feu dans les paumes, lèvres charnues, bonne sœur SM, grâce fugace, poitrine chaleureuse, œillades en coins, etc, etc, etc, etc, etc, etc, etc.
Tout le monde reluque, apprécie le spectacle, mate, se défoule sur la musique, court aux toilettes, boit des bières, ouvre grand les yeux pour s'emplir tout entier du spectacle burlesque saugrenu qui se déroule nu devant nous. Parfois, même la musique me laisse des cramps de bonheur.
Numéros en feu, Nina chante My Way de Sinatra et Paul Anka basé sur notre Cloclo national et repris par Sid Vicious dans une interprétation flinguante. Avec sa bouteille de Vodka vide, elle ne connait pas la moitié des paroles mais l'attitude suffit. Le geste est là. De toute façon elle avait mis les points sur les I en nous adressant un fuck ravageur avant sa prestation. Le top léopard et les couettes font le reste. She did it her way. Moi je suis toujours devant cette scène où des femmes s'animent et devant laquelle des rixes explosent, des hommes se frappent, des G.A.M. se crachent dessus. J'essaie de m'extraire de la foule excitée. Quelques coquards verront le jour grâce à moi, mais la meilleure attaque étant la fuite, je prends mes jambes à mon coup et me traine le cul par terre pour sortir de l'antre des femelles.
« I did it myyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy wayyyyyyyyyyyyyyyyyy »
NiKit & Bandit sont de vieux amis. Le genre d'amitié parfaite où l'un apporte ce qui manque à l'autre. Leur musique est une parfaite symbiose de leurs styles respectifs. Ensemble, ils sont Cosi Fan Tutte, référence (sans-prétention) au "drame joyeux" de Mozart. A la frontière du drame et de la joie, il y a l'aventure, l'expérience. A cette frontière, il y a la musique épique de Cosi Fan Tutte.
- Salut Messieurs, vous allez bien ? Vous pouvez nous décrire la pièce dans laquelle vous vous trouvez et qu’est-ce que vous y faisiez avant de répondre à ces questions ?
Salut, ça va merci on se trouve dans l’appart de Bandit, là où on a fait l’EP et qui par la force des choses est actuellement notre studio.
En ce moment on travaille en particulier chacun sur de nouveaux morceaux solos et on commence également à rassembler des idées pour les prochains à deux.
- Vous êtes rencontrés il y a trois ans à Toulouse, et vous avez attendu tout ce temps pour faire un bébé, ça y’est, entre vous, c’est du sérieux ?
En fait créer une relation de travail prend du temps parce que ça passe par beaucoup de discussions sur les directions à prendre, puis en pratique sur comment les réaliser. On a fait quelques essais avant d’avoir une idée précise de ce que l’on voulait sortir, sans vraiment se presser car de toute façon on a longtemps habité à distance et qu’on souhaitait vraiment bosser réunis.
- Cosi Fan Tutte (on était obligés de vous en parler), est l’un des plus célèbres « dramma giocoso» (drame joyeux), est-ce un qualificatif que vous aimeriez que l’on donne à votre musique ?
Oui même si notre musique n’est pas du tout influencé par l’opéra lui même, on cherche à y intégrer une forme de narration et de lyrisme. Pour le côté drame joyeux, même si ce n’est pas forcément conscient, c’est vrai qu’on aime utiliser différentes émotions ou ambiances dans un morceau, pas parce qu’on aurait envie de faire forcément cohabiter des trucs opposés mais par souci d’équilibre, dans un genre de consensus naturel autour de nos envies.
- Votre musique me fait atterrir dans un film épique, au milieu de cowboys et d’envahisseurs. Si vous aviez pu habiller un film, c’eût été lequel ?
On aurait du mal à trouver un film en particulier car chaque morceau a sa direction propre. Sur « Lagoon » par exemple, qui ouvre l’EP, on a eu en tête une nature dure, luxuriante, moite et sauvage du genre d’Apocalypse Now ou Voyage au bout de l’enfer.
On aurait limite l’impression de mentir en parlant d’un film en particulier, ce serait même prétentieux. En tout cas les films que l’on pourrait relier à notre musique le seraient plus par leur valeur graphique que scénaristique.
- Blague à part, NiKiT & Bandit, ça ferait un super nom de dessin animé non ? En tout cas, on a le nom du méchant déjà.
Ce serait bien avec des personnages sous les traits de petits animaux.
- Pouvez-vousnous parler d’œuvres d’art (cinéma, littérature, musique et autres) qui ont marqué votre vie ?
B : J’ai été très marqué par les films de Spielberg, surtout sa manière de traiter l’idée “d’enfance” de façon super juste ! En musique j’ai souvent aimé les musiques très “remplies” mais qui finalement peuvent se siffloter de façon super naturelle, c’est le cas de certaines symphonies de Beethoven que j’ai beaucoup écouté.
N: Pour moi ce serait je pense les films du début des années 90 de Tim Burton, que je regardais beaucoup étant petit. C’était vraiment du rêve mais sans facilité. Ca m’a aussi permis de découvrir Dany Elfman qui composait déjà la plupart de ses BO, notamment pour Batman Returns qui doit être le disque que j’ai le plus écouté dans ma vie.
- « Heureux l’homme qui sait accepter le bon comme le mauvais », est l’une des morales de Cosi Fan Tutte (Ainsi agissent les femmes), c’est une phrase assez forte qui fait appel au sens critique. Est-ce que vous acceptez le médiocre ?
On ne sait pas trop ce qu’est la médiocrité en général, disons qu’on essaie d’éviter de donner l’impression que le travail est laborieux ou prise de tête. On essaie également de ne pas se soucier de l’air du temps bien qu’un tas de producteurs ou groupes nous inspirent beaucoup.
Sans tomber dans le calcul exagéré, nous pensons que l’intention est le plus important. C’est une affaire d’équilibre entre ce que tu veux exprimer, donc on cherche à éviter de partir dans une unique direction.
Est sorti la semaine dernière chez Signature (marque de skate) une édition bien spéciale, c'est MONSTER ANIMALS ! Des boards, des posters, des vidéos et des t-shirts. Et bien sûr si ça nous rend heureux, c'est parce que c'est Benoit Leray qui est derrière tout ça. En vente/rupture de stock chez West Board Store à Rennes.
poster
"La question que je me pose en ce moment, c'est quelle taille ont toutes les choses? Si il y a des trucs encore plus petits que les atomes ou d'autres immensément plus grands, le tout imbriqué l'un dans l'autre, genre la fin de Men In Black I ...
... Je me demande du coup si des Dieux existent, dans le sens quelque chose au dessus avec nous en dessous, un dedans, un dehors, et ainsi de suite, genre les poupées russes me rendent dingue!
Finalement je sais pas trop quoi en penser car j'aime bien avoir un avis très scientifique des choses, mais en même temps il y a toujours un "peut-être" et puis si on expliquait tout par A+B la vie serait véritablement chiante [rire].
"... Sinon je skate! Je sais pas trop pourquoi j'en fait en faît! C'est sûrement le fait d'être avec les potes et d'avoir des sensations sur sa board! Mais quand on y pense, c'est quand même bizarre, mais quand je suis sur ma planche, tout roule, je pense pas à tout ça et on rigole bien! Et après c'est comme la clope, on sait pas trop pourquoi, mais ça fait du bien! "
- Ça vient d'où MONSTER ANIMALS?
Je me suis inspiré des vieux comics d'horreur et puis j'aime bien les têtes bizarres! En fait j'avais déjà bossé avec Signature, on avait fait des board pour CROSSWALK et puis Seb, le gars qui gère ça, me filait des boards encore avant.
- Ouais la crosswalk était géniale. D'autres partenariats aujourd'hui?
J'ai des projets en cours, comme avec DMA (galerie) par exemple, quand ils font des expos et tout, je fais les flyers et les affiches, sinon ils ont des projets extérieurs auxquels je participe aussi, faire des logos, des conneries du genre. Sinon j'avais fais des illus pour Honnête magazine n°6 je crois et avant l'affiche de NERDS CAN DANCE
- J'ai entendu dire que tu louais une baraque avec des potes. C'est genre votre factory?
Ouais, avec Quentin, Hugo (tuck), p'tit Louis et Dandy, on vit depuis quelques mois au 126 xxxxxxxx à Beaulieu, dans une baraque sur trois niveaux. On est en train de mettre en place un atelier de sérigraphie et un labo photo dans cette maison! En fait on avait pour projet avec Quentin de créer un atelier de sérigraphie tous les deux depuis cet été déjà!
un des niveaux de la maison atelier.
- Plutôt cool en effet!
Ouais le truc chiant c'est qu'il faut penser à gagner des thunes. C'est pas vraiment le cas en ce moment.
- Tu fais quoi de tes journées?
En ce moment du son, j'ai reçu un petit joujou trop bien, du coup je fais quasi que ça là. [rire]
Sinon je skate. Sérieux. Et j'ai fait un maxi monstre.
Benoit Leray fait du bien! Il aurait pu choisir l'uniformisation décadente de son genre, en s'effaçant lui aussi derrière cette espèce de mouvement sans protocole, d'un idéal contemporain totalement inaccessible, mais non. Benoit Leray lui est authentique, et de part cette honnêteté il en devient beau. Oui Benoit Leray est beau et il nous fait du bien.